Yoga: secrets de professeurs

10 Jan 2016 Par Émilie Zaoré

Les professeurs de yoga. Zen, en forme, ils méditent comme le Dalaï Lama et sont souples comme des acrobates. Inspirants et un peu intimidants à la fois… Pourtant, comme nous, ces belles personnes qui enseignent le yoga ont déjà été débutantes et sont humaines. Avant de plonger, elles se sont peut-être même déjà dit : « Le yoga, ce n’est pas pour moi » ou : « C’est donc bien long savasana ». Je vous présente les parcours différents, mais complémentaires de deux professeurs de yoga : Blu Nathan (Blu Nakshatra ) et Dawn Mauricio (Naada Yoga).

Je suis les cours de Blu Nathan depuis maintenant un an et demi. Si vous êtes de Montréal, vous avez peut-être vu passer ses photos sur les réseaux sociaux : son physique de dieu grec ne passe pas inaperçu ! Il a inauguré cet automne son propre studio de yoga Blu Nakshatra.

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Crédit photo: Josephine Dorado

Si vous étiez au yoga géant de 6000 personnes au Lolë White Tour de Montréal, vous avez pu goûter à l’enseignement de la lumineuse Dawn Mauricio, qui nous a beaucoup émus. On peut suivre ses cours au studio Naada Yoga, sur le plateau Mont-Royal.

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Crédit photo: Lolë

Le yoga : coup de foudre ou amour florissant ?

Oui et non, se souvient Dawn qui à l’époque, se cherche un nouveau sport de groupe. Elle croise un jour le bâtiment rose qui abrite studio Sivananda Yoga sur la rue St-Laurent. Peu intéressée par le gym en solo, Dawn voit le yoga comme une belle façon de bouger et de rester motivée. Mais le côté méditatif, à ce moment-là, ce n’est pas son préféré: « Je voyais le yoga comme un exercice physique, mais c’est différent aujourd’hui. Je me rappelle que je devenais impatiente pendant Savasana (relaxation finale couché sur le dos) ». Ça vous rappelle quelqu’un ? En tout cas moi, ça me rappelle mon premier cours de yoga. Aujourd’hui, Dawn aime tellement la méditation qu’elle a un nouveau défi lorsqu’elle enseigne: «  Ah, oui c’est vrai : l’exercice physique ».


Pour Nathan, le yoga a été un coup de foudre, même s’il aura fallu près de deux ans à son amie Taline pour le convaincre d’essayer : « Pourtant, explique Nathan, j’ai fait du yoga toute mon enfance sans le savoir. Je dormais dans la posture de l’enfant, je regardais la télé dans la posture de la charrue ». Avant d’essayer, il ne connait du yoga que le côté physique et comme il pratiquait déjà la musculation, Nathan ne voit pas l’intérêt. Tout a changé le jour où son amie lui montre un magazine de yoga où on voyait un homme musclé effectuer la posture du scorpion : «  Je me disais :  » Je veux être capable de faire ÇA « . Mon amie m’a montré quelques postures de base le soir même et j’ai tout de suite senti l’énergie passer. Je suis devenu très rapidement addict au yoga. »

 

Coup de foudre ou amour grandissant, nos deux yogis apprécient aujourd’hui le fait que le yoga est une activité complète qui se passe non seulement dans le corps, mais aussi dans l’esprit : «  Le yoga m’aide à être patiente et accepter que tout ne peut pas toujours se régler tout de suite, m’explique Dawn. Ma pratique m’a aidée à traverser des épreuves, des ruptures amoureuses ou des transitions d’emplois. J’aime aussi la méditation pour me retrouver, dans mon cœur et mon corps. »

La méditation rejoint également Nathan qui, depuis le début de sa pratique, apprécie particulièrement ce travail de l’esprit: « Si j’avais su plus tôt qu’il y avait ce côté spirituel et énergétique dans le yoga, j’aurais commencé avant ! », m’explique le yogi qui a grandi dans une famille très spirituelle où les termes énergie, vibration, guérison faisaient partie du quotidien, des mots très présents dans le spectre du yoga.

Enseigner le yoga : objectif personnel ou vocation ?

Fun fact: nos deux professeurs de yoga commencent leur réponse à cette question de la même façon, avec la phrase « C’est une longue histoire ! »

Pour Nathan, l’idée d’enseigner a toujours flirté avec sa pratique. Toutefois, il reçoit un véritable appel alors qu’il traverse une épreuve: il subit une importante blessure sportive et son talon d’Achille est détruit: « J’ai appris à méditer, se souvient-il, je n’avais pas le choix parce que je ne pouvais à peine marcher et je dirais que le yoga m’a sauvé mentalement. J’ai ensuite été opéré et dès ce moment, c’était clair: je me suis vu prof de yoga ».

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Crédit photo: Dineshkumar Chandrasekaran

Et comme la vie fait bien les choses, deux semaines plus tard, alors qu’il a encore la jambe dans le plâtre, une amie le contacte: elle a besoin rapidement d’un prof de yoga pour son nouveau studio de fitness: «  J’ai donc commencé en enseignant du yoga restauratif parce que… j’avais la jambe dans le plâtre (rires). J’avais ma botte de marche et j’enseignais des postures au sol », me raconte Nathan. Pendant sa convalescence, notre yogi fait des économies puis s’envole pour Bali où il suit une formation intensive de professeur de yoga: «  On nous apprenait à enseigner à partir de la source, à partir du potentiel de chacun. Je suis revenu ensuite à Montréal et j’ai commencé à enseigner à mon compte. J’ai aussi suivi une formation en acroyoga, en Californie ». Un an et demi plus tard, Blu Nathan ouvre sa propre école de yoga.

De son côté, Dawn a suivi sa formation de professeur d’abord dans un but personnel: approfondir sa pratique. À l’époque, elle termine l’université et comme elle n’a pas beaucoup de sous pour suivre autant de cours de yoga qu’elle voudrait, la jeune femme fait du bénévolat dans un studio qui lui offre des cours gratuits en échange. Un jour, on lui demande de remplacer un prof. Si les élèves ont apprécié leur expérience avec Dawn, celle-ci ne voit pas la séance du même œil : «  C’était terrible ! (rires) Mais il a eu du feedback positif et on m’a accordé une plage horaire, puis de plus en plus de cours ». Il faudra un bon moment d’adaptation à Dawn avant d’être complètement à l’aise comme professeure. « Il faut être ouvert et courageux pour enseigner. Parfois, certains élèves avaient plus d’expérience que moi ! J’avais peur de trop parler, pas assez parler ». Quel stress pour Dawn lorsqu’un jour, elle passe à travers la séquence qu’elle a préparée, mais oups… il reste encore 25 minutes de cours !

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Crédit photo: Lolë

On ne se doute pas de ce genre d’anecdote lorsqu’on voit la lumineuse yogini diriger une séance du Lolë White Tour devant des milliers de personnes. Je me demandais d’ailleurs ce qu’elle aime autant dans le fait d’enseigner le yoga ? « J’aime accompagner les élèves dans leur cheminement, peut importe que ce soit physique ou émotionnel, les voir accomplir un travail de l’esprit. » Me répond-elle.

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Crédit photo: Caroline David

 

Même chose pour Nathan qui nous rappelle que les professeurs sont là pour nous guider dans notre évolution: « La mission du professeur, ce n’est pas juste de coacher les postures, c’est aussi de coacher l’aspect spirituel. Pendant les classes il y a un travail énergétique qui se fait et c’est important d’être guidé, précise-t-il. Pour moi, l’énergie qu’on crée en groupe, c’est très précieux et ça m’apporte beaucoup à moi aussi ».

Le prof de yoga, un cliché ?

Vous croyez que tous les profs de yoga sont vegan, ne se fâchent jamais et ne boivent que du thé biologique infusé dans un pétale de lotus ? On se calme !  Dawn et Nathan nous rassurent sur cette image de premier de classe collée aux yogis, particulièrement les profs: « Les gens ne se doutent pas que parfois, moi aussi, je suis stressée, explique Dawn. En plus, mon chum est président de Crudessence et copropriétaire de Rise Kombucha, alors tout le monde pense qu’on est toujours 100% healthy, qu’on est crudivore, qu’on ne boit jamais d’alcool… ». Et non, le couple est comme nous et aime se gâter à l’occasion, en restant à l’écoute de leur corps. «  Il faut se demander: est-ce que je veux vraiment un café ou je veux plutôt un thé ? Est-ce que j’ai le goût de boire un verre ou est-ce que j’essaye d’oublier ou de combler quelque chose ?  » précise Dawn.

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Crédit photo: Marc-Antoine Charlebois (Lolë Women)

Même chose pour Nathan qui se décrit comme un hédoniste; il aime les plaisirs de la vie. Avec son physique de mannequin fitness, d’autres étiquettes lui collent à la peau à ses débutscomme prof: « Dans le monde du yoga, on a essayé de me catégoriser. On me disait :  » Toi, tu enseignes le fitness yoga ou le power yoga, c’est ça ?  » Eh non ! (rires) Les gens ont été surpris que j’aie une approche très spirituelle ».

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Crédit photo: Caroline David

Ce qu’on peut retenir du mode de vie de nos deux super yogis, c’est de garder un équilibre et rester à l’écoute de soi, just go with the flow comme le dit Nathan : « J’ai toujours été un couche-tard, alors non, je ne me lève pas tous les jours à 5h du matin pour faire une séance au lever du soleil. Une fois de temps en temps oui, mais je ne le fais pas de manière assidue. Je le fais quand je le sens ».

Dawn nous rappelle en ce début d’année qu’on évolue constamment, tout comme notre mode de vie: « L’équilibre, ce n’est pas immobile ; c’est un point qui bouge. Nous, on change, alors ce point-là aussi peut changer ».

 

Informations pratiques

Blu Naksatra
2002 Montcalm, 3e étage, métro Berri Uqam
514-835-0747

 

Naada Yoga
5540 avenue Casgrain, métro Laurier
514 510 3274
info@naada.ca
Voyez aussi notre lookbook En mode yoga avec Lolë   et Initiation au yoga: 4 erreurs fréquentes

 

Remerciements à Blu Nathan, Dawn Mauricio et Lolë Women

 

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Écrit par Émilie Zaoré
Amoureuse du yoga et du fitness, foodie et beautista, Émilie est diplômée en communication et en journalisme. Elle s’intéresse également à tout ce qui touche la santé et la condition féminine.
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