Rencontre avec Caroline, deux fois survivante du cancer du sein

18 Oct 2017 Par Émilie Zaoré

En ce mois de la sensibilisation au cancer de sein, de belles campagnes sont mises en place pour nous inviter à soutenir la cause du ruban rose. Chez Veda, on voulait aussi connaître le parcours des femmes qui traversent cette épreuve. C’est ce qui nous mené à discuter avec Caroline, conférencière, mannequin pour la Vie en Rose Muse et survivante, deux fois plutôt qu’une, du cancer du sein.

  

Observer et connaître ses seins et son corps. C’est le message que Caroline m’a laissé dans cette entrevue et c’est aussi son cheval de bataille. Un message lié de près à son histoire, puisque c’est en faisant son auto-examen des seins qu’elle a décelé une masse qui était en fait un cancer.

Caroline avait 33 ans lorsque le cancer apparaît pour la première fois. Elle a toujours eu l’habitude de s’examiner les seins, comme les spécialistes le suggèrent aux femmes. Un jour, elle a senti une masse. La bosse a perduré plusieurs mois. Son premier réflexe a été d’en discuter avec sa mère, puis avec son médecin. Elle était en bonne santé et elle n’avait pas d’antécédents familiaux. À ce moment, tout le monde, y compris Caroline, se dit que, compte tenu de son jeune âge et l’absence des facteurs de risque, il s’agit d’un kyste bénin.

La jeune femme insiste quand même pour passer une mammographie afin de dormir vraiment sur ces deux oreilles. Elle passe également une radiographie et c’est lors de cet examen que la peur apparaît pour la première fois, alors que le radiologiste lui mentionne que les petites calcifications qu’il voit sur sa radio sont généralement bénignes. Il ajoute que dans 25% des cas, il s’agit d’un cancer.

Lorsque Caroline reçoit le diagnostic d’un cancer du sein hormonal, la Terre arrête de tourner pendant un instant. Mais rapidement, la jeune femme entre en mode combatif et veut s’informer : «  Ma deuxième réaction a été: Ok, qu’est-ce que je fais pour me battre contre ça ? »

Il y a eu des larmes, de la peur, un parcours vers l’acceptation, mais aussi beaucoup d’information sur les traitements: « Savoir où je m’en allais m’aidait à comprendre et comprendre m’aidait à combattre ». Le traitement qu’a traversé Caroline comprenait une opération pour retirer la tumeur, jumelée à de la radiothérapie et de l’hormonothérapie en prévention. Tout semblait réglé, mais la dernière étape du traitement, l’hormonothérapie, n’a pas eu les effets escomptés. Le cancer revient.

Après ce deuxième diagnostic, les médecins ne veulent pas courir de risque. Comme Caroline est atteinte d’un cancer de type hormonal, on retire ce qui est relié aux hormones en question: ablation du sein gauche et des ovaires. Je vais être honnête, ma réaction lorsque Caroline m’a raconté cet épisode a été : déjà que la convalescence doit être difficile, imagine si en plus tu dois dealer avec tes craintes et une nouvelle image corporelle: tu te retrouves avec un seul sein. Pourtant, la vision de Caroline, à l’époque comme aujourd’hui, témoigne du respect qu’elle porte à son corps : «   Dès le début, la journée où j’ai eu le droit d’enlever le bandage, de voir la cicatrice et de voir qu’il   me manquait un sein, j’ai trouvé ça beau. Je me disais   : mon corps s’est battu pour me sauver. Je ne pouvais pas trouver ça laid. C’est ma cicatrice de survivante.   »

Si je lui ai avoué que je trouve sa réaction impressionnante, elle m’avoue à son tour que c’est impressionnant pour elle-même aussi: «   Je ne m’attendais pas à cette réaction-là de ma part, mais c’est vraiment la première chose que je me suis dite en me voyant. Ça m’a aidée à passer au travers plus facilement.   » Déjà à ce moment et encore aujourd’hui, Caroline ne souhaite pas faire appel à la reconstruction mammaire. Elle ne souhaite pas passer par ce processus d’intervention pour changer un corps qu’elle aime tel qu’il est et elle déclare se sentir tout aussi féminine qu’avant dans son corps de guerrière.

Au-delà de l’acceptation du corps, Caroline souhaite que les femmes, particulièrement les jeunes, prennent le temps de s’examiner. C’est d’abord pour sensibiliser les femmes à la prévention qu’elle s’implique auprès de la Fondation du cancer du sein comme bénévole, motivatrice et conférencière. La survivante espère que son histoire va encourager les femmes de tous âges à observer leur corps et à connaître leurs seins: «   Connaître son corps, observer son corps, ça peut sauver des vies. Pris plus tôt, les ravages du cancer du sein sont moins grands », explique Caroline.  « À la longue, en s’impliquant à la fondation, on crée des amitiés et on se fait des amies survivantes. On rencontre des gens, on en perd aussi en cours de route, malheureusement. C’est vraiment une belle famille  ».

  

C’est d’ailleurs lorsqu’elle était à la fondation qu’elle a entendu parler de la collection La Vie en rose Muse, une initiative qui existe depuis 2010. L’entreprise était venue distribuer des pamphlets pour parler de cette ligne de soutien-gorge conçu pour les femmes ayant subi une mastectomie des seins, sans reconstruction. Quelque temps après, l’entreprise La Vie en rose passe par la fondation pour trouver des mannequins pour la collection et Caroline saute tête première dans ce projet. Bien sûr, des petites craintes font leur apparition, car accepter son corps et l’exposer dans de jolies pièces de lingerie, ce n’est pas la même chose  : « Quand j’ai vu les photos pour la première fois, je me suis dit: Oh my god ! Dans quoi je me suis embarquée ? (rires) Avec la ménopause, le corps a changé, etc. » Caroline soutient que l’équipe de La Vie en Rose a su la mettre en confiance et chaque fois, son expérience de mannequin s’avère des plus agréable.

Comment soutenir la cause ?

La Vie en rose s’implique depuis longtemps dans la sensibilisation au cancer du sein et soutient également la recherche. L’entreprise s’est d’ailleurs engagée à remettre un minimum de 100 000$ destiné à la recherche sur le cancer du sein.

Si, en ce mois d’octobre, vous avez envie de donner un coup de pouce, sachez que pour chaque article comfy de la collection de pyjamas Hope & Love, 1$ ira à la recherche.

  

 

Crédit photo: La Vie en rose
Remerciement: Caroline et les boutiques La Vie en rose

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Écrit par Émilie Zaoré
Amoureuse du yoga et du fitness, foodie et beautista, Émilie est diplômée en communication et en journalisme. Elle s’intéresse également à tout ce qui touche la santé et la condition féminine.
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