Pourquoi je participe au Salon international de la femme noire

30 Mai 2018 Par Émilie Zaoré

Le 2 juin prochain se tiendra le Salon international de la femme noire à la Place Bonaventure. J’y participerai à titre de panéliste dans le cadre d’une discussion intitulée  : La course folle de la Femme noire. Au-delà des soins capillaires, on vous propose aussi une discussion sur l’identité.

 

Je vais être honnête avec vous. J’ai beau aimer les soins de beauté et la mode, je n’étais particulièrement intéressée à participer le printemps dernier au Salon de la femme, sous-titré «  l’ultime sortie entre filles  ». Je ne suis pas fan de ce type d’événement qui me parle de «  la Femme  » avec un grand F, cette «  Femme  » qui, quand on lisait le programme, semble essentiellement caucasienne et ses principaux intérêts tournent autour de son apparence et son couple.


 

Pourquoi alors ai-je accepté de participer alors au Salon international de la femme noire ? 



 

Oui, il y a le fait que je me reconnais un peu plus que dans les autres événements destinés à un public dit féminin. En effet, je me doutais qu’il y aurait des exposants mode et beauté issus de communautés noires qui seraient plus pertinents pour moi. 



 

Toutefois, ce qui m’a accroché le plus, c’était les thèmes du programme du SIFM (qui n’était pourtant pas présent au Salon de la femme avec le grand F)  : empowerment, diversité, afroféminisme, féminisme, entrepreneuriat, sciences, politique, finances, #MeToo… Non seulement ces thèmes rejoignent davantage mes intérêts personnels, s’inscrivent aussi dans un objectif plus grand que de divertir les madames. C’est d’ailleurs bien détaillé sur leur site  : «  Ce Salon célèbre l’apport de la femme noire et métissée d’hier et d’aujourd’hui qui ont pavé la voie vers « l’empowerment »  ».

 



Et le lien avec les cheveux ?

Août 2017. Je m’assois à une table dans un Tim Horton entre Québec et Montréal pour entamer mon bagel, tandis que mes deux amies attendent leur cappuccino glacé à la caisse. Deux clients d’une cinquantaine d’années me fixent. « C’est beau votre coupe, mais ça ne vous a jamais tenté d’avoir de beaux longs cheveux ?  » me dit l’un deux en mimant une longue chevelure de sirène qui cascade le long de ses épaules.

Ma réponse dans ma tête : «  Monsieur, au cas où vous vous n’avez pas remarqué, je suis noire. Ce n’est pas possible d’avoir de façon très naturelle de beaux longs cheveux tels que vous les mimez. Si je me laisse pousser les cheveux, ça va plutôt prendre cette forme-là  ». Et je mime une forme ronde au-dessus de ma tête. 

Ma réponse dans la réalité  :  «  Non.  »

Cela fait maintenant trois ans que je porte mon coco, ma tête de kiwi ou mes cheveux rasés, appelez ça comme vous voulez. Je n’ai pas toujours l’occasion (ou la patience) d’en discuter, je l’avoue. Même avant d’avoir cette coupe, depuis la petite enfance, j’ai dû répondre à des questions qui finissaient par me fatiguer ou me mettre carrément mal à l’aise dans certains cas :
Si tes cheveux étaient complètement raides, mettons, de quelle longueur seraient-ils ?  (En quoi c’est pertinent pour toi puisqu’ils sont crépus  ?) Est-ce que je peux toucher à tes cheveux ? (Étant donné qu’on ne se connaît pas, il y a de fortes chances que la réponse soit non) J’ai pensé que ça allait s’améliorer en portant des extensions qui imitaient les cheveux raides et caucasiens à la perfection…erreur.



J’ai choisi de prendre l’occasion offerte par le Salon international de la femme noire pour discuter de toutes ces réflexions, malaises et parfois, échanges constructifs avec des personnes très ouvertes qui m’ont amenée à porter la buzzcut et raser plus souvent ma tête que mes jambes. Comme la couleur de peau, les cheveux des femmes noires sont à la fois une fierté, l’objet de commentaire douteux, mais aussi une expression d’une identité.

 

Infos pratiques

Salon international de la femme noire
Site web

2 juin 2018, 9h à 17
Place Bonaventure (station Bonaventure)
20$ en prévente, 30$ à la porte

Billets en vente ici

 

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Écrit par Émilie Zaoré
Amoureuse du yoga et du fitness, foodie et beautista, Émilie est diplômée en communication et en journalisme. Elle s’intéresse également à tout ce qui touche la santé et la condition féminine.
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