Les Sun Girls, amazones modernes

01 Déc 2015 Par Émilie Zaoré

«  Ils nous violent, on les tue ». C’est le cri de guerre d’un bataillon peu connu créé au nord-ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne. Les Sun Girls (ou « Filles du Soleil ») est un groupe composé de 123 jeunes femmes entre 17 et 30 ans qui a déclaré la guerre à l’État islamique. La protection du soleil étant au cœur des croyances yézidies, elles ont choisi de protéger leur territoire et de se protéger contre l’esclavage sexuel et les viols des dhjadistes.

Le portrait sort de l’ordinaire: imaginez que Lady Gaga crée un genre de « mafia » féminine pour protéger les femmes des violeurs et recrute entre autres Tyra Banks. Entre temps, Shakira vient les rejoindre et produit une chanson et un vidéoclip sur le sujet. Bizarre? C’est pratiquement l’équivalent qui s’est produit au Kurdistan. La jeune chanteuse Xate Shingali, 30 ans, est à l’origine du bataillon rassemblant des combattantes armées.

Parmi les Sun Girls, notons aussi Tiger Sun, un ancien top model d’origine canadienne. Helly Luv, une autre chanteuse populaire locale surnommée la « Shakira kurde », s’est aussi attiré les foudres de Daesh en tournant un vidéoclip sur le terrain des Sun Girls pour sa chanson Revolution.

Dans ce contexte de conflit, qu’on soit une caissière de supermarché ou une superstar, les femmes ne sont pas épargnées. Capturées par Daesh, elles doivent se soumettre l’esclavage sexuel ou sont exécutées. La secte cultive un véritable culte, une théologie du viol. Les femmes et enfants de la communauté yézidie, installée là dans une zone visée par l’EI, constituent l’une des cibles de prédilection du groupe: « Ils tuent, mais pourquoi faire ça à des femmes? Pourquoi enlever aux mères leurs enfants ? Ils n’ont aucune humanité » raconte Hadia Hassan, l’une des Sun Girls, au Daily Mail. La jeune femme affirme aussi vouloir venger deux de ses cousines, victimes d’esclavage sexuel. L’une est toujours captive de l’EI, l’autre s’est échappée. Ce sentiment de vengeance anime le cœur de nos combattantes. Plusieurs d’entre elles sont des survivantes de ces enlèvements et de ces viols à répétition, comme la jeune Jane Fares, 17 ans : «  Avant, j’avais peur d’eux. Maintenant, je ne peux plus avoir peur. Chaque minute, je suis prête à combattre Daesh. Et j’espère tous les descendre », confie-t-elle au Daily Mail.

Le photographe iranien Alfred Yaghobzadeh a contribué à la mise en lumière du bataillon des Sun Girls à l’international grâce à son photoreportage publié dans le Paris-Match: « Le courage de ces jeunes femmes, de celles qui se battent sur le terrain comme de celles qui tentent de se reconstruire pour continuer à vivre, a été une source d’énergie et d’inspiration » a confié le photographe à FranceTVInfo.

Certes, elles sont redoutables, elles ont des armes et du courage à revendre et même si elles risquent la mort et la violence, on rapporte dans le secteur que les djihadistes de l’EI craignent ces femmes plus qu’elles ne les craignent. Pourquoi? Dans les croyances de Daesh, être tué par une femme leur enlève leur récompense des 72 vierges au paradis.
Crédit photo: Alfred Yaghobzadeh

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Écrit par Émilie Zaoré
Amoureuse du yoga et du fitness, foodie et beautista, Émilie est diplômée en communication et en journalisme. Elle s’intéresse également à tout ce qui touche la santé et la condition féminine.
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