Chronique #7

25 Oct 2018 Par Julie Beausoleil

LE NYLON, MA BÊTE NOIRE

Ma date était à 7h, j’ai donc commencé à apprivoiser la bête noire à midi  : le bas de nylon. Pour moi, mettre un bas de nylon, c’est de la torture. Il n’y a rien de sexy là-dedans. Pour les messieurs, je vous explique  c’est comme jouer à «  Déroule le rebord  » chez Tim Hortons, mais tu déroules un tissu capricieux-qui-risque-de-briser-à-chaque-seconde-de-ta-vie sur ta jambe… Ah oui, et tu ne gagnes pas un beigne gratuit, juste une odeur de poisson en fin de journée.  Sexy…NOT !

Premièrement, ça demande énormément de préparatifs. Y’a beaucoup de travail en amont. Il faut s’assurer d’être lisse comme la carrosserie d’une voiture de Michel Barrette  :  épilation, exfoliation et 100$ de produits qui sentent bon plus tard, je suis prête pour l’enfiler. Pas Michel, mais bien le collant.

Voici la scène  : je suis en petite culotte, nue, avec à mes pieds le tissu farouche qui me regarde en ayant l’air de dire  : « Tu vas souffert ». Je m’assois sur mon lit et j’amène les deux genoux vers ma poitrine, le dos arrondi de façon à ce que mes seins puissent jaser à mes plis de bedaines. J’appelle affectueusement cette position  : « crevette des îles ».  Il manque juste du beurre à l’ail et je suis prête à être servie dans un 5@7.

Pour l’instant ça semble facile, mais avez-vous déjà remarqué que c’est petit en TAB&*&NAK un bas de nylon ? En le regardant, j’ai toujours l’impression que c’est comme rentrer l’Himalaya dans un sac Ziploc. Comme ils disent au hockey  : faut travailler fort dans les coins. Je pousse la graisse, tire tranquillement le tissu, rentre la cellulite, je me tortille le bacon, je pousse l’ananas, je moue le café, je me couche, je fais la poule… je suis carrément dans le spectacle de Messmer. Et je remercie le ciel qu’il n’y ait aucune caméra pour capter l’évènement.

Essoufflée, rouge comme une tomate avec l’envie de vivre qui diminue exponentiellement, je suis rendue seulement à la mi-cuisse. J’essuie la sueur qui perle sur mes tempes. Je pense à Jay Du Temple et c’est là que je décide d’y aller pour un petit coup sec pour finir la montée… 1,2,3 … FUCK. J’ai entendu mon âme se briser en même temps que le tissu. Naïvement, j’ai pensé que ma robe serait assez longue pour cacher le trou… AHAHAHAHAHAHA!!!!!! DANS TES RÊVES JULIE! CÂLISS de criss de marde de shit, on voit le trou plus que Guylaine Tremblay dans un Gala Artis.

Rapide calcul  : 100$ de produits de lissage, 20$ de bas de nylon, 400$ de séances chez ma psy pour rétablir mon estime personnelle et 100$ pour une robe que je ne porterais jamais parce que j’ai été à ma date avec mes jeans à 20$.

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Écrit par Julie Beausoleil
Julie Beausoleil en trois mots: charismatique, sans filtre et déjantée. Cette travailleuse du milieu de la télé s'amuse à découvrir sa créativité grâce à l'écriture et à des cours à l'École nationale de l'humour.
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