Chronique #4

18 Fév 2018 Par Julie Beausoleil

Oui, la douceur d’une feuille 81/2 x14 m’émoustille.
Oui, l’odeur suave de l’imprimante en plein travail me titille.
Oui, une brocheuse qui fonctionne parfaitement m’amène toujours près de l’orgasme, mais ce n’est pas des feuilles 81/2×14 bien brochées fraîchement sorties d’une imprimante qui vont me faire sentir femme et désirée.

 

Me sentir femme au travers mes 40 000 contrats est, ma foi, une mission assez complexe. Oui, mettre une robe peut aider, mais mon chat n’est pas très fort sur les compliments.

 

Avec le temps, j’ai trouvé un endroit où je me sens Femme Fatale à tout coup.  Un lieu à portée de tous.tes où la violence se marie élégamment à la douceur du sourire bienveillant d’un jeune professionnel du couteau bien aiguisé. L’endroit où le sang et les ficelles se combinent à merveille. Je parle bien évidemment de la boucherie. C’est tellement pratique et en même temps tellement érotique.

Pour une femme sans sexualité comme moi, c’est une expérience sensorielle sans précédent. Dès l’entrée, c’est comme une bouffée de testostérone directe dans mes veines. L’accueil est très chaleureux et on me traite toujours comme une reine de la brochette de poulet. Moi qui ne parle jamais à des garçons, je suis tout d’un coup servi par plus d’un homme à la fois qui se battent pour hacher mon bœuf.

Les quelques phrases échangées entre moi et mon boucher à propos de la bavette sonnent comme de la musique de Barry White à mes oreilles. Si on ajoutait une bouteille de vin rouge, un foyer et une peau d’ours, on a ici la parfaite prémisse d’un film sexy:

(Pour l’expérience complète, lire ces phrases en chuchotant)

« Tu aimes ça plus doux ou piquant ? »
« Ficelé ? »
« Saisis-la des deux côtés»

 

L’adrénaline monte en moi quand je commence à tâter les jarrets, flatter le prosciutto et palper les onglets. C’est tellement enivrant choisir sa proie.

Puisque je suis un être fondamentalement romantique, j’apprécie aussi les moments plus tendres avec le filet qui est mignon…

Conclusion : Je sors toujours de cet antre viril prête à affronter la vie avec mes viandes marinées pour le reste semaine.

Je ne peux garantir que dans toutes les boucheries du monde entier, vous ressentirez ces émotions, mais prenez une chance… on ne sait jamais.

–  Signé une Workaholic qui vous jure qu’elle n’est pas
subventionnée par Le porc du Québec pour écrire ses textes

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Écrit par Julie Beausoleil
Julie Beausoleil en trois mots: charismatique, sans filtre et déjantée. Cette travailleuse du milieu de la télé s'amuse à découvrir sa créativité grâce à l'écriture et à des cours à l'École nationale de l'humour.
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